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Les principaux produits, leurs effets
et leurs dangers
A ) Le cannabis
Présentation
Le cannabis est une plante qui se présente sous
différentes formes :
Herbe de cannabis : s’obtient à
partir de feuilles, de tiges et de graines de
cannabis séchées. On la retrouve sous divers
noms : marijuana, beuh, ganja, beher…
Résine de cannabis ou le haschisch :
Il est obtenu en raclant les feuilles et en y
ajoutant la poudre provenant des plants séchés
et secoués. Le haschisch est fréquemment coupé
avec d’autres substances plus ou moins toxiques
comme le henné, le cirage, la paraffine. On
l’appelle aussi « shit » ou « kif ».
Huile de cannabis : Se présente sous
l’aspect d’un liquide visqueux d’aspect
goudronneux. Son usage est actuellement peu
répandu.
Il est fumé ou ingéré (dans les gâteaux par ex).
Le principe actif du cannabis responsable des effets
psycho actifs est le THC ( tétrahydrocannabinol ). Sa
concentration est très variable selon les préparations
et la provenance du produit.
Effets et dangers
Les effets de la consommation de cannabis sont
variables d’une personne à l’autre.
Le plus souvent, le consommateur recherche un état de
détente, de bien être, d’euphorie et une modification
des perceptions (sensation de mieux entendre la musique
par ex).
Des doses fortes entraînent rapidement des
difficultés à accomplir une tâche, perturbent la
perception du temps, la perception visuelle et la
mémoire immédiate, et provoquent une léthargie.
Les principaux effets physiques du cannabis peuvent
provoquer selon la personne, la quantité consommée et la
composition du produit :
- un gonflement des vaisseaux sanguins (yeux
rouges ) ;
- une diminution de la salivation (
bouche sèche
) ;
- une augmentation du rythme du pouls
(
palpitations ) ;
B ) La cocaïne
Présentation
La cocaïne se présente sous la forme d’une fine
poudre blanche. Elle est le résultat de la distillation
des feuilles de coca préalablement séchées. La cocaïne
est parfois coupée ou mélangée à d’autres substances par
les trafiquants, ce qui accroît sa dangerosité.
La cocaïne se consomme de différentes façons :
soit snifée
soit injectée par voie intraveineuse
soit fumée
Effets et dangers
L’usage de la cocaïne provoque une euphorie
immédiate, un sentiment de puissance intellectuelle et
physique, et une indifférence à la douleur et à la
fatigue.
Ces effets vont laisser place à un état dépressif et
à une anxiété que certains apaiseront par une prise
d’héroïne ou de médicaments psycho actifs.
La cocaïne provoque, principalement :
Des troubles du rythme cardiaque (risques
d’accidents cardiaques, notamment chez les
personnes fragiles et/ou qui consomment de
fortes quantités de tabac) ;
Une augmentation de
l’activité psychique(
cela provoque des insomnies, des amnésies et des
phases d’excitation ) ;
Une contraction de la plupart des vaisseaux
sanguins ;
Chez les personnes plus sensibles
Des troubles psychiques, une grande
instabilité d’humeur, des délires paranoïdes ou
des attaques de panique.
Une autre caractéristique de la cocaïne est de lever
les inhibitions ( les blocages). Ce qui peut conduire à
commettre des actes de violence, des agressions
sexuelles, des dépenses compulsives, etc.
La sensation de « toute-puissance » entraînée par la
cocaïne en fait un produit qui risque d’engendrer des
passages à l’acte.
En tant qu’excitant puissant, la cocaïne provoque une
dépendance psychique importante.
En effet, il est difficile d’arrêter une consommation
aiguë de cocaïne, tant la nécessité d’en reprendre est
importante.
Enfin, les matériels utilisés pour « sniffer »
peuvent transmettre les virus des hépatites A, B et C,
s’ils sont partagés entre plusieurs usagers. En cas
d’injection, le matériel partagé peut transmettre le
virus du S.I.D.A.
Il existe un dérivé de la cocaïne : Le crack
C’est un mélange de cocaïne, de bicarbonate de soude
et d’ammoniaque qui se présente sous forme de petits
cailloux.
Il est souvent inhalé dans une pipe en verre ou des
boites de conserve. On peut aussi se l’injecter par voie
intraveineuse. Ses effets sont plus intenses que ceux de
la cocaïne (montée rapide au cerveau et effet plus
brève). La « descente » est très dure à vivre.
Enfin, l’usage régulier peut provoquer des
hallucinations et entraîner des comportements violents,
des épisodes paranoïdes, des états suicidaires.
C ) l’ecstasy et les drogues de synthèse
L’ecstasy fait partie d’une nouvelle série de
substances apparues avec l’évolution de la chimie : les
nouvelles drogues.
Elles sont fabriquées par synthèse dans des
laboratoires clandestins, par des chimistes.
On y retrouve, bien sûr, l’ecstasy mais aussi le
L.S.D, les amphétamines (speed, ice ou cristal).
1.L’ecstasy
Présentation
L’ecstasy est une substance de synthèse
hallucinogène. Le principe actif de l’ecstasy est la
molécule MDMA (3,4 méthylènedioxyméthamphétamine).
Mais la composition d’un comprimé présenté comme
étant de l’ecstasy est souvent incertaine.
En effet, il n’est pas rare de trouver dans les
cachets d’ecstasy, des substances comme des
amphétamines, analgésiques, hallucinogènes,
anabolisants.
De plus, l’ecstasy peut également être coupé avec de
la caféine, de l’amidon, des détergents, du savon…
L’ecstasy se présente sous la forme de comprimés de
couleurs et de formes variées ornés d’un motif.
Effets et dangers
Les usagers recherchent la sensation d’énergie, de
performance et la suppression de leurs inhibitions (les
blocages, les défenses et les interdictions tombent).
L’ecstasy provoque une légère anxiété, une
augmentation de la tension artérielle, une accélération
du rythme cardiaque et la contraction des muscles de la
mâchoire.
L’ecstasy provoque une déshydratation de l’organisme
( surtout si le consommateur se trouve dans une ambiance
surchauffée), il faut maintenir une hydratation
régulière. Les effets peuvent se ressentir jusqu’à
quatre jours après la prise
2.Le L.S.D
(diéthylamide de l’acide
lysergique)
Présentation
Ce produit semi synthétique est obtenu à partir de
l’ergot de seigle (champignon parasite du seigle). On
l’appelle aussi « acide » ou »trip ».
Il se présente sous la forme d’un papier buvard,
d’une « micro-pointe » (ressemblant à un bout de mine de
crayon) ou sous forme liquide.
Un « trip » contient entre 50 et 400 microgrammes, de
L.S.D.
Effets et dangers
Le L.S.D est un hallucinogène puissant. Il entraîne
des modifications sensorielles intenses et provoque des
hallucinations, des délires, des fous rires
incontrôlables. Ces effets, mentalement, très puissants,
sont très variables suivant les individus.
Un « trip » dure entre cinq et douze heures, parfois
plus longtemps.
L’usage du L.S.D peut générer des accidents
psychiatriques graves et durables.
3.Les
amphétamines
(speed ou ice ou cristal)
Présentation
Les amphétamines sont des psycho stimulants puissants
et coupe-faim.
Ils existent trois types d’amphétamines (amphétamine,
dextroamphétamine, methamphétamine).
Le « speed », le plus souvent fabriqué dans des
laboratoires clandestins (et donc composition
incertaine), se présente sous forme de gélules, de
pilules ou de poudres.
Le « speed » est absorbé de différentes manières :
soit par voie orale,
soit inhalé (sniffé ou fumé),
soit injecté.
Comme toutes les autres poudres, le « speed » peut
être coupé avec d’autres substances qui peuvent être
inoffensives (sucre, talc…) ou dangereuses (soude
caustique…).
Effets et dangers
La consommation d’amphétamines peut entraîner une
altération de l’état général par la dénutrition et par
l’éveil prolongé conduisant à un état d’épuisement, une
grande nervosité et parfois des troubles psychiques.
Ces produits s’avèrent très dangereux en cas de
dépression, de problèmes cardio-vasculaires et
d’épilepsie.
4.Le gamma OH ou le GHB
Présentation
Le Gamma OH est connu sous de nombreuses appellations
dont les plus courantes sont « GBH » (Grievous Bodily
Harm), « GHB », Liquid Ecstasy, Fantasy… Mais son
utilisation peut être détournée à des fins criminelles
et, notamment, en l’utilisant comme « drogue du viol ».
Il est vendu en poudre ou en granulés à dissoudre
dans l’eau. Il est principalement utilisé en anesthésie
et en obstétrique mais très souvent détourné de sa
fonction première.
Effets et dangers
En raison de la propriété du butanédiol (molécule de
base du gamma OH), le gamma OH provoque une amnésie,
état semblable à l’ébriété et ce dans un délai très
court.Le butanédiol est aussi utilisé dans l’industrie
chimique pour la fabrication de résines et
polyuréthanne.
Des cas de coma ont été observés notamment lors d’une
absorption simultanée d’alcool.
On retrouve d’autres produits comme :
. Les
poppers
Ce sont des
vasodilatateurs utilisés en médecine. Ils sont sniffés à
des fins non médicales et leurs effets sont quasiment
immédiats : brève bouffée vertigineuse et stimulante.
L’usager ressent une sensation de vive chaleur interne
et sa sensualité est exacerbée. Cet effet dure à peu
près deux minutes.
A fortes doses, les poppers peuvent créer une
dépression respiratoire, endommager les cloisons
nasales.
De plus, une consommation régulière entraîne des
anémies graves (fatigue due à la baisse de la capacité
des globules rouges à fixer l’oxygène).
En cas d’association avec d’autres substances
psychoactives ou à des médicaments, les risques sont
accrus.
. La kétamine ou Spécial K
La kétamine présente des effets hallucinogènes et
elle possède des propriétés anesthésiques et
analgésiques.
Elle est vendue sous forme de comprimés. Elle est
« sniffée » en ligne pour ses effets hallucinogènes dans
les « rave parties ».
L’utilisation illicite de la kétamine est dangereuse
car elle provoque des troubles d’ordre psychique et
neurologique, des pertes de connaissance accompagnées de
vomissements et donc risque d’asphyxie par invasion
pulmonaire.
En cas de surdosage, il y a risque d’arrêt
respiratoire et défaillance cardiaque.
. Le
protoxyde d’azote ou gaz hilarant (ou « proto »)
C’est un gaz utilisé, notamment, dans l’industrie et
en médecine. Son usage est détourné dans les soirées et
les manifestations festives.
Il entraîne des modifications de la conscience,
euphorie, distorsions visuelles et auditives, effets
sédatifs, vertiges, angoisse, agitation…
De plus, il peut présenter des risques immédiats ou à
long terme.
D ) L’héroïne
L’héroïne est un opiacé ( qui contient de l’opium )
puissant, obtenu à partir de la morphine.
Les opiacés sont des substances naturelles contenues
dans le latex recueilli sur le pavot et qui sert
également à la fabrication de l’opium.
Présentation
L’héroïne se présente sous la forme d’une poudre.
Elle est très souvent injectée par voie intraveineuse,
après dilution, mais elle est également sniffée ou
fumée.
Une pratique venue des États Unis consiste à mélanger
l’héroïne avec la cocaïne, c’est ce qu’on appelle le
speed ball.
Effets et dangers
L’héroïne de bonne qualité entraîne une sensation
physique intense ( apaisement, euphorie, sensation
d’extase).
Elle agit comme anxiolytique puissant et comme
antidépresseur.
Les effets recherchés peuvent traduire un mal-être
psychique, une souffrance, un besoin d’oubli.
Le « flash » est le premier effet de la prise
d’héroïne. Il est suivi d’une sensation d’euphorie puis
de somnolence, accompagnée parfois de nausées, de
vertiges et d’un ralentissement du rythme cardiaque.
La dépendance s’installe rapidement dans la majorité
des cas.
L’héroïnomane oscille entre des états de soulagement
euphoriques (sous effet de l’héroïne) et des états de
manque (provoquant anxiété, agitation…).
Enfin, des risques d’infection, comme les virus du
SIDA et des hépatites B et C, sont possibles surtout si
l’usager ne se sert pas d’un matériel d’injection
stérile, à usage unique.
E ) L’alcool
Présentation
L’alcool est obtenu par fermentation de végétaux
riches en sucre, ou par distillation, et intervient dans
la composition des boissons alcoolisées : vin, cidre,
bière, boissons apéritives, liqueurs.
A savoir qu’un verre de vin rouge, blanc ou rosé, un
demi de bière à la pression, une coupe de champagne, un
verre de porto, une dose de whisky, de pastis
contiennent tous environ la même quantité d’alcool.
Le taux légal d’alcoolémie maximum au volant est fixé
à 0,5 grammes d’alcool par litre de sang
(contrôle par analyse de sang) et à 0,25 milligramme par
litre d’air exprimé (contrôle par éthylomètre).
Effets et dangers
L’alcool provoque des risques sociaux :
Diminution de la vigilance (en voiture, au
travail)
Perte de contrôle de soi (comportement
violent, agressions sexuelles, suicide,
homicide…)
Exposition à des agressions ( attitude
provocatrice, incapacité à se défendre ).
Mais aussi des risques sanitaires :
- Cancers de la bouche, de la gorge, de l’œsophage,
- Maladies du foie (cirrhose) et du pancréas,
- Troubles cardio-vasculaires,
- Maladies du système nerveux et troubles psychiques.
Enfin, certaines personnes risquent de passer d’une
consommation récréative contrôlée (l’usage) à une
consommation excessive non contrôlée (l’usage nocif ou
usage à problème).
Quelques chiffres ¹
:
La mortalité annuelle imputable à l’alcool
- 50 000 décès, soit près de10 % de la
mortalité toutes causes confondues,
- un accident mortel sur trois en 1995
(présence d’une alcoolémie illégale en cause).
En 1997, la consommation d’alcool (en litres d’alcool
pur), en France, est de 10,9 litres par an et habitant.
Pour comparaison l’Espagne est à 10,1 litres, les Pays
Bas sont à 8,2 litres et le Royaume Uni a 7,7 litres par
an et habitant.
F ) Le tabac
Présentation
Le tabac est une plante cultivée dans le monde
entier. Après séchage, les feuilles sont mises à
fermenter pour obtenir un goût spécifique.
Il existe plusieurs sortes de tabacs :
les bruns (séchés à l’air et au feu),
les blonds (séchés à l’air chaud),
les tabacs clairs « goût américain » (séchés
à l’air ou au soleil).
Le tabac est proposé à la consommation sous forme de
cigarettes, cigares, en vrac à rouler ou pour la pipe, à
chiquer.
Effets et dangers
Le tabac contient de la nicotine (qui possède un
effet « éveillant » anxiolytique et coupe faim).
Les produits du tabac (cigarettes, à rouler…) sont
composés d’additifs (humectants, goût, saveur…). La
combustion de ces produits crée de nouveaux composants
(monoxyde de carbone, goudrons…) nocifs pour la santé.
L’ensemble de ces composants agit en particulier
sur :
La fonction cardio-vasculaire : le tabac
augmente la pression artérielle, accélère le
rythme cardiaque et détériore les artères,
La fonction respiratoire : possibilité
de troubles au niveau de tout l’appareil
respiratoire et notamment, risque de cancer du
poumon,
La fonction digestive : La nicotine
augmente la sécrétion des acides gastriques et
agit sur le système nerveux central.
Sur l’ensemble des cancers, un sur quatre est associé
au tabac. Le tabac est en cause dans les cancers des
bronches, des poumons, des cavités buccales, de
l’œsophage, de la vessie, du col de l’utérus et de
l’estomac.
Quelques chiffres1:
Mortalité annuelle directement imputable au
tabagisme :
60 000 décès dont 95 % chez les hommes.
Première cause de décès prématurés :
30% chez les hommes,
4% chez les femmes.
Il est possible de s’arrêter de fumer sans aide
particulière. Cependant, on peut trouver auprès d’un
médecin de ville ou d’une consultation spécialisée en
milieu hospitalier des conseils et des aides pour cesser
de fumer.
Sources :
- Drogues "savoir plus risquer moins" - CFES -
avril 2000.
- Drogues et toxicomanies. Indicateurs et
tendances. Observatoire français des drogues et des
toxicomanies – Paris, OFDT, 1999.
- "La drogue 30 ans après" C.Olievenstein
éd.Odile Jacob oct.2000
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